Conférence EEF x HAATCH - 2026

Euro Ethnic Foods (Grand Frais) x HAATCH : construire un plan d’adaptation pour sécuriser ses approvisionnements, grâce à la méthode OCARA

Pourquoi et comment bâtir un plan d’adaptation qui sécurise ses approvisionnements face à la multiplication et intensification des enjeux climatiques, géopolitiques, sociaux, économiques ? Catherine Garnier, directrice de l’Offre, et Carole Bonhomme, directrice Qualité et RSE d’Euro Ethnic Foods, l’épicier de l’enseigne Grand Frais, reviennent sur l’accompagnement de HAATCH.
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Publié le 05/10/2026
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HAATCH était à l’édition 2026 de Produrable !

Ce fut l’occasion pour nous d’animer 3 conférences, dont celle-ci consacrée à l’adaptation au changement climatique, mais pas que : de nombreux autres enjeux hors climat affectent et affecteront entreprises et organisations.

Retrouvez dans cet article la synthèse de la conférence organisée le 30 septembre 2026 avec notre client Euro Ethnic Foods (EEF).

Retrouvez ci-dessous le replay de la conférence sur Youtube :

 

Intervenant·es

  • Minh Tran Kim, Directeur associé, HAATCH
  • Catherine Garnier, Directrice de l’Offre, Euro Ethnic Foods (EEF)
  • Carole Bonhomme, Directrice Qualité et RSE, Euro Ethnic Foods (EEF)

Thématique de la conférence

Plan d’adaptation via la méthode OCARA : retour d’expérience de l’épicier de l’enseigne Grand Frais.

Dans cet atelier, avec Catherine Garnier et Carole Bonhomme d’Euro Ethnic Foods, nous avons présenté comment l’entreprise a construit son plan d’adaptation, avec un focus particulier sur la sécurisation de ses approvisionnements.

EEF est « l’épicier de Grand Frais » : l’entreprise gère exclusivement les rayons épicerie et liquide de l’enseigne, à l’échelle nationale. Son cœur de métier, les fruits secs et les épices, vient de l’origine méditerranéenne de ses fondateurs. Elle propose aujourd’hui plus de 2 500 références dans les 250 magasins Grand Frais.

Avec pour slogan « épicerie d’ici et d’ailleurs », EEF s’appuie sur une très large gamme de produits venus du monde entier. Elle est donc exposée à de nombreux enjeux environnementaux et climatiques, mais aussi sociaux, sociétaux, géopolitiques et économiques, sur l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement.

Retrouvez également notre guide complet sur la méthode OCARA

Synthèse des échanges

Pour EEF, l’adaptation est déjà très concrète : gel qui détruit la récolte d’abricots secs en Turquie, épisodes de grêle ou d’incendie, droits de douane américains, fragilité financière de certains fournisseurs. Chaque produit reposant sur un fournisseur, un ou plusieurs aléas générant des conséquences sur les récoltes ou la production chez un producteur signifie un produit en moins en rayon.

Et pour le client en grande distribution, ce sont les ruptures, la qualité ou le prix qui sont les plus visibles, et rarement les causes derrière, malgré les efforts de pédagogie et de communication.

Ce qui nous a poussé à faire un plan d’adaptation, c’est que nos 2 500 références, qui viennent de France mais aussi et surtout du monde entier, sont particulièrement chahutées par tout ce qui se passe aujourd’hui, avec bien sûr le changement climatique en 1ère ligne.

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Catherine Garnier
Directrice de l'Offre, Euro Ethnic Foods

La démarche, conduite avec la méthode OCARA (développée par Carbone 4), se réalise en 3 grandes étapes : le cadrage du périmètre, une analyse de résilience actuelle et futures, et la définition du plan d’action d’adaptation sur le périmètre donné.

  1. Cadrage : il s’agit de définir le périmètre et les processus vitaux de l’entreprise, en priorité l’approvisionnement.
  2. Analyse de résilience actuelle & future : des ateliers avec les acheteurs ont ensuite permis d’évaluer, produit par produit, la résilience actuelle (croisement de l’évaluation des risques bruts et de l’efficacité des actions d’adaptation actuelle), puis de projeter les risques à court, moyen et long terme, pour réévaluer la résilience à l’aune de l’évolution des enjeux.
  3. Plan d’actions d’adaptation.

Les acheteurs directement impliqués ont apprécié les échanges, la prise de conscience et l’identification de solutions concrètes. S’ils étaient déjà plutôt sachant·es sur les enjeux liés à leurs propres approvisionnements, l’exercice leur a permis de concrétiser des risques sur lesquels ils n’avaient pas fait de focus spécifiques, ni intégrés en tant que tels dans leurs stratégies d’achat.

Les acheteurs ont l’habitude de gérer des crises sur leurs approvisionnements, mais on est face à une forte accumulation d’enjeux, il faut donc les aider à anticiper et à ne pas toujours travailler dans l’urgence. C’est pourquoi on travaille aujourd’hui à intégrer ces enjeux d’adaptation au sens large dans leurs routines d’achat et leurs réflexes.

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Catherine Garnier
Directrice de l'Offre, Euro Ethnic Foods

Enseignements clés à retenir sur le retour d’expérience d’Euro Ethnic Foods

  1. Le besoin d’adaptation est déjà très concret et ne se limite pas au climat : les enjeux géopolitiques, économiques et la santé financière des fournisseurs pèsent tout autant sur les approvisionnements.
  2. Un plan d’adaptation commence par un cadrage essentiel : définir le périmètre et les processus vitaux de l’entreprise, avant d’analyser la résilience actuelle et future.
  3. Impliquer les acheteurs est décisif. Une méthode concrète d’évaluation des risque leur permettent de s’approprier le sujet, de prendre de la hauteur et d’ancrer l’adaptation dans leurs routines d’achat, pour anticiper plutôt que gérer la crise.
  4. Sécuriser ne signifie pas toujours diversifier : selon les produits, la réponse peut être de transformer sur place (exemple du développement de la filière noix de cajou en Côte d’Ivoire) ou encore d’accepter de suivre les prix du marché et se focaliser sur des actions en partenariat avec les fournisseurs eux-mêmes.
  5. Le client ne voit que les ruptures, la qualité et le prix, pas leurs causes : anticiper les risques protège également directement l’expérience client (l’abricot en est l’exemple), en particulier dans les secteurs b-to-c comme la grande distribution.

Quelques questions / réponses à retenir !

  1. Y a-t-il des produits identifiés à risque de ne plus exister en quantités suffisantes dans les années ou décennies à venir ?

Réponse EEF : Oui, bien sûr. L’exemple de l’abricot, cité en début de session, est parlant : c’est un produit simple, quasiment pas transformé, et pourtant un changement de sourcing peut provoquer de réelles insatisfactions côté client. C’est exactement pourquoi nous avons lancé ce projet : anticiper les conséquences que peuvent produire les pénuries et les instabilités d’approvisionnement.

  1. Quels exemples d’actions concrètes pour travailler la résilience actuelle et future

Réponse EEF : La noix de cajou a été un de nos premiers projets phares. Elle transitait de la Côte d’Ivoire (récolte) vers l’Asie (transformation), puis vers la France, avec beaucoup de transport. Grâce à notre filière propre développée, elle est désormais récoltée et transformée en Côte d’Ivoire, ce qui permet de réduire l’empreinte carbone liée à cette matière première ainsi que de nous “dérisquer” sur la partie transports (liée aux enjeux géopolitiques par exemple). Cette initiative s’inscrit également dans une logique plus large de verticalisation de la chaîne de valeur.

 

Vous souhaitez engager votre organisation dans une analyse de résilience et un plan d’adaptation, sur un produit/service en particulier ou sur l’ensemble de votre chaîne de valeur ?

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