Adaptation : le coût de l'inaction
Conductix Wampfler x Climatip x HAATCH : Adaptation, le coût de l'inaction

HAATCH était à l’édition 2026 de Produrable !
Ce fut l’occasion pour nous d’animer 3 conférences, dont celle-ci, consacrée à la mesure du coût de l’inaction.
Retrouvez dans cet article la synthèse de la conférence « Adaptation : le coût de l’inaction ».
Retrouvez ci-dessous le replay de la conférence sur Youtube :
Intervenants
- Minh Tran Kim, Directeur associé, HAATCH – LinkedIn
- Peggy Deuscht, Directrice chargée de la gestion du changement, Conductix Wampfler – LinkedIn
- Nicolas Motheau, Président, Climatip – LinkedIn
Thématique de la conférence
Adaptation : chiffrer l’immobilisme pour démontrer le ROI de ses projets d’adaptation. Retour d’expérience de Conductix Wampfler.
Le coût de l’inaction pousse la matérialité financière jusqu’au bout : plutôt que de se demander ce que coûtera un projet d’adaptation, il invite à se demander ce que cela coûterait de ne rien faire. Pour illustrer cette approche, la conférence s’est appuyée sur le retour d’expérience de Conductix Wampfler, porté par Peggy Deuscht, Directrice chargée de la gestion du changement.
Conductix Wampfler est une des entreprises du groupe Delachaux, un groupe industriel mondial d’environ 3400 collaborateurs. Née en 2007 du rapprochement de Wampfler avec la branche conductique du groupe, l’entreprise est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux des systèmes de transmission d’énergie et de données. Ses technologies équipent tout ce qui doit être alimenté et connecté en mouvement : ports, aéroports, scènes de théâtre, mines, entrepôts ou lignes de fabrication. Avec 450 M€ de chiffre d’affaires et 13 sites de production répartis dans le monde (États-Unis, France, Allemagne, Inde…), Conductix Wampfler doit composer avec une grande complexité géographique, ce qui rend la maîtrise de ses risques d’autant plus stratégique.
Synthèse des échanges
Pourquoi s’intéresser à l’adaptation aujourd’hui ?
La conférence a débuté sur le rappel que les entreprises traversent actuellement une véritable escadrille de cygnes noirs : ces problèmes que personne n’attendait et qui surviennent pourtant les uns après les autres, de l’inflation au covid, du télétravail à l’intelligence artificielle, de la guerre en Ukraine à la guerre commerciale. À ces chocs s’ajoutent les mutations climatiques, géopolitiques, économiques, dont les conséquences sont déjà bien concrètes.
Pour illustrer la nécessité que représente l’adaptation dans un contexte tel, des exemples concrets d’entreprises ont été mis en lumière. Porsche, qui a vu son cours de bourse chuter après une inondation chez l’un de ses fournisseurs; Tropicana, qui a subi une pénurie d’oranges alors que 70 % de son approvisionnement vient de Floride; et BASF, qui a dû composer avec un Rhin à sec, alors que le fleuve est essentiel à son transport. Ces exemples convergent tous vers la même direction : les entreprises ont besoin d’anticiper et de s’adapter.

Comment fonctionne l’outil Climatip ?
C’est précisément pour accompagner les entreprises dans cette démarche que HAATCH et Climatip se sont associés. Éditeur de logiciels autour de la RSE, Climatip s’est demandé comment aider ses clients à devenir plus résilients, et a développé un outil testé notamment par l’ordre national des experts-comptables. Adossé à une base de données scientifique, il repose sur trois questions : de quoi l’entreprise a-t-elle besoin pour fonctionner, entre bâtiments, machines et matières premières ; quels aléas (climatiques, géopolitiques, etc) peuvent la toucher ; et comment relier les deux, c’est-à-dire quel événement pourrait créer un problème sur quel besoin.
Pourquoi Conductix s’est-elle lancée dans l’adaptation ?
Pour Conductix, tout est parti de l’analyse de double matérialité. Elle a mis en lumière des risques, comme l’approvisionnement en cuivre, qu’il fallait désormais mesurer pour mieux les anticiper et les traiter.
La raison principale, c'est notre analyse de double matérialité qui a mis le doigt sur nos risques.

Comment chiffrer le coût de l’inaction ?
La première étape consiste à poser le périmètre d’analyse et à cartographier. Conductix a choisi d’inclure toutes ses usines, car en laisser certaines de côté n’aurait pas fait sens, puis a classé ses fournisseurs et ses parties prenantes dans différentes catégories. Il faut par la suite alimenter l’outil de diverses données, qui dans le cas de Conductix proviennaient en grande partie du bilan carbone, enrichi des informations des ERP, des OPEX et des CAPEX. C’est là que se joue un premier facteur clé de succès : la qualité de la gestion de la donnée.
La collecte de données, c'est le nerf de la guerre.

À partir de cette cartographie, l’outil produit une première estimation, qu’il faut ensuite affiner en cherchant des données plus précises auprès des parties prenantes, par exemple dans leurs DPEF. Peggy Deuscht conseille dans cette phase de remonter le plus loin possible dans la chaîne de valeur et de questionner les fournisseurs sur leur plan de continuité et sur leur propre adaptation, afin d’obtenir un chiffrage du coût de l’inaction au plus près du réel. Cette démarche donne tout son sens aux politiques d’achats responsables, en révélant les risques qui se cachent derrière la chaîne d’approvisionnement. Au final, les données permettent de classifier et de quantifier les risques, avec des calculs justifiés qui nourrissent un plan d’action que le COMEX peut entendre.
Une fois ce constat posé, il faut prioriser. L’outil montre quels types de fournisseurs sont les plus exposés, à quelle échéance et à quel endroit de la chaîne de valeur l’impact se fera sentir, ce qui permet de décider par où commencer et d’intégrer les actions au premier ou au deuxième plan stratégique, à 3 ou 5 ans. La même lecture est possible par type de client. Là où d’autres outils s’arrêtent aux sites propres de l’entreprise, Climatip couvre l’ensemble de la chaîne de valeur. Ce travail a un autre intérêt : il rassure les fonds d’investissement, qui constatent que l’entreprise a sécurisé ses risques.
Quels ont été les facteurs clés de succès ?
Pour Peggy Deuscht, il faut d’abord être convaincu soi-même, car c’est le préalable pour convaincre les autres. Un bon accompagnement et l’acceptation de traiter les données en masse, donc de se contenter d’un résultat imparfait, complètent ces conditions.
Pour parler à un COMEX, il faut parler en euros.

La direction a-t-elle été convaincue ?
Largement : le CEO a voulu recevoir le rapport dès qu’il a su qu’il existait, et d’autres entreprises du groupe pourraient souhaiter mener le même travail. Ce rapport parle en effet à de nombreux publics, des actionnaires aux assureurs en passant par les financiers. Pour Peggy Deuscht, il permet surtout de passer à l’action grâce à des résultats chiffrés, et met toute l’entreprise en mouvement, ce que Minh Tran Kim résume ainsi :
Prêcher avec des chiffres, ça fonctionne mieux.

Enseignements clés à retenir
- Le coût de l’inaction pousse la matérialité financière jusqu’au bout : en chiffrant ce que coûterait de ne rien faire, il démontre le ROI des projets d’adaptation.
- Les chocs climatiques, géopolitiques ou économiques ne sont plus des exceptions : ils touchent déjà les entreprises, ce qui rend l’anticipation indispensable.
- Tout repose sur la donnée : sa collecte est le nerf de la guerre, mais il faut aussi accepter l’imperfection et affiner les hypothèses au fil du temps.
- Remonter la chaîne de valeur et challenger les fournisseurs permet de révéler des risques cachés, et donne du sens aux politiques d’achats responsables.
- Parler en euros convainc : COMEX, actionnaires, assureurs et financiers s’appuient sur le chiffrage pour prioriser et décider.
Vous souhaitez chiffrer le coût de l’inaction de votre organisation ? Prenons le temps d’échanger sur vos problématiques, vos besoins. Nos experts sont là pour ça !
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