Maisons du Monde : rationaliser pour mieux recentrer son impact

Comme le veut l’adage : Choisir, c’est renoncer. Ce principe résume parfaitement la mission que nous avons menée avec Maisons du Monde.
Consommation & Distribution L'œil de HAATCH Rencontre et témoignages Reporting CSRD
Publié le 05/01/2026
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Un engagement RSE fort dans un contexte économique et géopolitique complexe

D’un côté, une direction RSE particulièrement engagée, pilotée par Hélène Guiet, Directrice RSE et Qualité de Maisons du Monde et Directrice de la Fondation de l’entreprise depuis près de deux ans. De l’autre, un environnement économique difficile, en particulier pour le retail, marqué par la baisse de la consommation, l’augmentation des coûts de l’immobilier, de l’énergie et des matières premières, sans oublier un contexte géopolitique complexe qui génère de nombreuses incertitudes et l’allongement des délais d’approvisionnement depuis les zones géographiques les plus éloignées.

Le défi ? Mettre la stratégie RSE de Maisons du Monde au service de la stratégie business, tout en répondant à des réglementations plus exigeantes, comme celles imposées par la CSRD.

Maisons du Monde : élève modèle en matière de RSE

Maisons du Monde est un acteur qui, en termes de CSRD, pourrait être qualifié de « premier de la classe ». Dans son rapport de durabilité 2025, l’entreprise présente une double matérialité exhaustive, avec 9 ESRS (European Sustainability Reporting Standards) et 66 IROs (Impacts, Risques et Opporutunités) matériels. Dans ce premier rapport, Maisons Du Monde a suivi à la lettre les directives de l’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group), en s’efforçant de collecter un maximum de points de données demandés par la nouvelle réglementation. Un vrai travail de fourmi mettant à contribution de nombreux pans de l’organisation !

En tant que consultant.e RSE, c’est précisément le type de rapport que l’on voit encore trop rarement : du sérieux, de la transparence, de vrais efforts de mesure.

Oui mais voilà : dans un contexte où les budgets – à commencer par ceux dédiés à la RSE – se resserrent, il est urgent et essentiel de concentrer les efforts là où ils auront le plus d’impact.

Alors notre rôle dans tout ça ? Aider l’équipe RSE à prioriser les chantiers de sa feuille de route, et la mettre au service du business. Comment avons-nous procédé ?

1- Comparer pour mieux prioriser

Que serait une mission de conseil sans un benchmark ? Blague à part, il nous a semblé pertinent de prendre un peu de recul sur les priorités RSE de l’entreprise. Nous avons donc analysé les rapports de durabilité et les matrices de matérialité de plusieurs acteurs présentant des enjeux similaires, passé au crible les rapports de durabilité et matrices de matérialité d’acteurs comparables (retail, ameublement, chaînes d’approvisionnement comprenant bois, coton, métal). Objectif : prendre de la hauteur sur les 66 IROs de Maisons du Monde, évaluer leur pertinence et leur caractère stratégique, et identifier les points de convergence ou de sur-performance.

Résultat : une réduction assumée et argumentée du nombre d’enjeux matériels – de 9 à 7 ESRS et de 66 à 30 IROs matériels-, permettant de distinguer :

  • les sujets à prioriser dès maintenant, car créateurs de valeur ou porteurs de risques majeurs,
  • ceux à documenter et adresser progressivement sur un horizon moyen terme.

2- Aligner priorités business et enjeux RSE

Ces résultats ont ensuite été présentés aux membres de la Direction. Nous leur avons tout d’abord demandé de nous partager leur principaux sujets de préoccupation et les défis prioritaires de leur stratégie business (marges, sourcing, coûts logistiques, expérience client, différenciation commerciale…). Nous avons ensuite croisé ces enjeux avec les thématiques RSE pour identifier la manière dont chaque sujet RSE de la double matérialité pouvait permettre de répondre à des problématiques business.

Prenons un exemple : comme dans toutes les enseignes de retail, l’enjeu du free cash-flow (FCF) est primordial. Le free cash-flow, ou flux de trésorerie disponible, désigne en effet la quantité d’argent “réellement disponible” et représente ainsi un indicateur majeur d’évaluation de la santé financière de l’entreprise et sa capacité à financer ses investissements et rémunérer ses actionnaires. L’une des réponses à cette problématique dans le retail est la relocalisation de la production (ou near sourcing). En effet, en s’approvisionnant dans des pays lointains, l’entreprise est soumise à des délais importants – plusieurs mois – entre le moment où elle rémunère ses fournisseurs et le moment où elle perçoit l’argent de la vente du produit final à ses clients. Le transport de marchandises par conteneur prend au minimum un mois entre la Chine et la France par exemple, et il faut ajouter à ce délai la congestion portuaire liée à l’afflux toujours plus important de conteneurs, la gestion des formalités administratives à l’arrivée (douanes), le transit dans les centres logistiques, etc. En relocalisant ses approvisionnements sur le continent européen, les délais sont considérablement réduits, et l’entreprise récupère ainsi plus rapidement l’argent dépensé pour réaliser ces achats. Et le bénéfice est double, puisque relocaliser signifie bien généralement diminuer son impact environnemental et améliorer la traçabilité des procédés et matières premières des produits vendus.

Résultats : En démontrant que les efforts RSE peuvent répondre aux priorités opérationnelles (résilience, performance, innovation), la RSE cesse d’être un sujet « à côté » pour devenir un levier business à part entière.

3- Préparer un rapport plus impactant

Se recentrer, c’est aussi pouvoir communiquer plus facilement et embarquer davantage les collaborateurs et les clients. Avec les équipes Maisons du Monde, nous avons décortiqué leur rapport de durabilité 2025 pour mettre en avant les bonnes pratiques à conserver ainsi que les axes à développer pour renforcer la lisibilité des engagements et mieux mettre en valeur les efforts et illustrer les résultats obtenus.

Nous avons également travailler à fluidifier le processus de collecte et de consolidation des données pour faciliter l’appropriation et la mobilisation des équipes internes.

Résultat : un rapport plus lisible, plus stratégique, plus mobilisateur – au service de la transformation de l’entreprise.

Conclusion

Dans un contexte où chaque euro compte, l’enjeu n’est pas de faire moins, mais de faire mieux, avec plus de clarté et de cohérence.

Maisons du Monde a montré qu’il était possible de conserver un haut niveau d’ambition RSE, à condition de faire des choix éclairés, alignés avec les leviers de compétitivité et de différenciation de l’entreprise.

 

 

*IRO : Impacts, Risques et Opportunités

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