Rencontre avec Guillaume Desnoës, co-fondateur d'Alenvi

HAATCH a accompagné Alenvi, dont le but est d’humaniser l’accompagnement des personnes âgées dépendantes à domicile, dans le cadre d’une étude SROI (Social Return on Investment) afin de quantifier la valeur sociale que pourrait créer l’entreprise en 2025.

Nous avons interrogé l'un des co-fondateurs d'Alenvi pour connaître les bénéfices d'une étude comme celle-ci.


1.      Quels sont les principaux résultats de l'étude ?

Une fois passée à l'échelle, notre entreprise dégagera un impact social de 2,34 pour une contribution de 1. L'impact est réparti sur toutes les parties prenantes : employés, clients et pouvoirs publics. Ces résultats permettent de matérialiser l'idée de "cercle vertueux" qui est au coeur de notre démarche depuis le début.

2.      Qu'est-ce que cela vous a appris ? Par rapport à votre activité ? Par rapport à vos parties prenantes ?

En interrogeant nos parties prenantes, nous avons parfois découvert des impacts que nous ne soupçonnions pas. Chez les auxiliaires d'envie, la simplicité et l'authenticité des échanges avec l'équipe "centrale" est apparue comme un facteur de bien-être important par exemple, au même titre que des choses plus attendues comme la formation, l'autonomie...

3.      Est-ce que les résultats de l'étude vont influencer la gestion de votre activité ?

Nous allons prioriser les projets qui créent de l'impact positif sur nos parties prenantes. Nous chercherons à améliorer nos indicateurs d'impact au même titre que nos indicateurs financiers.

4.      En quoi la mesure d'impact social est utile lorsque l'on cherche à changer d'échelle ?

La mesure d'impact permet de rendre tangible une vision, généralement bien ancrée dans l'esprit des fondateurs. C'est nécessaire pour être capable de bien la communiquer, et de mettre la logique d'impact au même niveau que la logique économique, qui elle est chiffrée par essence. Les objectifs d'impact aident à fédérer des financeurs ou partenaires qui permettront le changement d'échelle : pouvoirs publics, fonds d'impact...Même certaines banques demandent maintenant des business plans d'impact social !

5.      De manière plus large, quelles sont les conditions pour un essor des startups sociales ?

Les startups sociales ont un boulevard devant elle si elles prennent le meilleur des deux mondes. Des startups, elles peuvent garder le professionnalisme, l'ambition et l'irrévérence. Du secteur social, elles doivent prendre les valeurs et la primauté conférée au facteur humain. 

Ne nous disons pas que nous appartenons à l'une des chapelles avec ses limites. Faisons la synthèse des deux et préfigurons ce qui sera bientôt la norme. Si l'on projette un peu les réflexions menées actuellement sur le rôle de l'entreprise, on peut espérer que dans quelques années, toutes les startups seront lancées avec un objet social élargi et un objectif d'impact.